Chez un citronnier, des feuilles recroquevillées sont presque toujours le signe d’un déséquilibre : arrosage mal ajusté, carence ou parasites. Le froid et l’air sec du chauffage, fréquents en ce début d’hiver, peuvent aussi aggraver les choses. Voici comment identifier les trois causes principales et rétablir la santé de votre arbre.
Stress hydrique : un équilibre délicat à maintenir
Causes et symptômes
Le citronnier supporte mal les écarts d’arrosage, dans un sens comme dans l’autre. Un manque d’eau fait perdre leur turgescence aux feuilles, qui s’enroulent, deviennent ternes et cassantes, puis tombent. Un excès d’eau asphyxie les racines et favorise leur pourriture. Le feuillage jaunit alors, se recroqueville et chute. En pot, une soucoupe qui reste pleine est un piège classique. À l’intérieur, l’air sec des pièces chauffées et les courants d’air froid accentuent le phénomène. Pour distinguer les deux cas, vous pouvez consulter notre article sur les feuilles de citronnier qui s’enroulent.
Vérificateur de Symptômes
Cochez les symptômes que vous observez sur votre plante :
Solutions pratiques
Pour retrouver un bon équilibre :
- Vérifiez l’humidité du substrat en plongeant un doigt à environ 5 cm de profondeur. Arrosez copieusement si c’est sec, jusqu’à ce que l’eau s’écoule, puis attendez que le dessus se ressuie.
- Videz la soucoupe après l’arrosage et utilisez un terreau drainant, de préférence spécial agrumes, avec des trous de drainage dégagés.
- Réduisez les arrosages en hiver, quand la croissance ralentit, et utilisez une eau non glacée, de préférence de l’eau de pluie ou une eau peu calcaire.
Carence nutritionnelle : un besoin vital pour le citronnier
Diagnostic des carences
Le citronnier est gourmand. Un manque d’azote, de magnésium ou de fer se traduit par un jaunissement du feuillage, parfois accompagné de feuilles petites, déformées ou recroquevillées, et d’une croissance au ralenti. Dans le cas du fer, les nervures restent vertes alors que le limbe jaunit (chlorose ferrique). Cette carence est souvent causée par un arrosage à l’eau calcaire. Un substrat épuisé ou des arrosages excessifs, qui lessivent les éléments nutritifs, peuvent aussi être en cause.
Approche fertilisation
Pour combler ces carences :
- Utilisez un engrais spécial agrumes, qui contient déjà les oligo-éléments nécessaires (fer, magnésium), pendant la période de croissance et selon les doses indiquées sur l’emballage.
- Complétez avec un apport organique (compost bien mûr, par exemple) pour une libération lente. Évitez le fumier frais, trop agressif pour des racines en pot.
- Traitez une carence visible avec un engrais foliaire adapté (fer chélaté, magnésium), puis corrigez la cause : eau moins calcaire, substrat renouvelé.
- Cessez de fertiliser en hiver : l’arbre est au repos et les apports ne feraient que le fragiliser.
Parasites : une menace discrète mais sérieuse
Identification des parasites
Les pucerons et les cochenilles piquent les jeunes pousses et se nourrissent de la sève, ce qui déforme et recroqueville les feuilles. Les pucerons se regroupent sous les feuilles et sur les extrémités tendres. Les cochenilles farineuses forment de petits amas cotonneux blancs, tandis que les cochenilles à bouclier ressemblent à de petites coques brunes collées aux tiges. Tous ces insectes produisent du miellat, un liquide collant sur lequel se développe la fumagine, un voile noir sur les feuilles. Un feuillage poisseux ou noirci doit donc vous alerter.
Méthodes de traitement
Face à une infestation :
Ne Tuez Plus Jamais une Plante
- Retirez les insectes à la main avec un chiffon humide, un coton imbibé d’alcool à 70° ou une brosse douce pour les petites colonies.
- Pulvérisez une solution savonneuse (savon noir dilué ou savon insecticide pour jardinage amateur) afin d’atteindre les insectes. Renouvelez après quelques jours, car un seul passage suffit rarement.
- Utilisez une huile blanche (huile de paraffine ou huile végétale destinée aux plantes), qui étouffe les parasites. Vérifiez que le produit est autorisé pour les particuliers et respectez les consignes d’emploi, en évitant les pleins soleils.
- Isolez la plante touchée pour éviter la contagion aux autres végétaux d’intérieur.
Prévention : clé d’un citronnier sain
Surveillance régulière
Une inspection hebdomadaire, dessous des feuilles compris, permet de réagir tôt. Vérifiez :
- L’absence de taches noires ou de dépôt collant, signes de miellat et de fumagine.
- La présence de parasites (cochenilles, pucerons) sur les jeunes pousses.
- L’état du substrat (humidité, tassement, drainage).
Adaptation aux conditions climatiques
Le citronnier est originaire de régions chaudes et craint le gel. À cette période, rentrez-le avant les premières gelées :
- Évitez les courants d’air froids et les écarts brusques de température, qui provoquent enroulement et chute des feuilles.
- Offrez-lui beaucoup de lumière : le citronnier a besoin d’un emplacement très lumineux, avec du soleil direct si possible. Une lumière insuffisante l’affaiblit.
- Éloignez-le des radiateurs et préférez, pour l’hiver, une pièce lumineuse et plutôt fraîche, avec un arrosage réduit. En période de croissance, une température douce et stable lui convient.
Pour résumer, trois étapes permettent de rétablir la santé du citronnier :
- Diagnostiquer précisément la cause (arrosage, carence, parasites, froid).
- Appliquer la solution adaptée : ajustement de l’arrosage, fertilisation ciblée ou traitement des parasites.
- Prévenir les récidives par un suivi régulier et des soins adaptés à la saison.
Avec ces gestes, votre citronnier retrouvera progressivement un feuillage sain. Les feuilles déjà enroulées ne se déplient pas toujours : jugez la réussite du traitement sur les nouvelles pousses.

Chantal est rédactrice pour Chaque Jour, Jardin. Elle écrit des articles pour le site, avec une exigence simple : des conseils de jardinage justes, compréhensibles et utiles à tous, du grand jardin au rebord de fenêtre.
