Chaque automne, la même question revient chez ceux qui possèdent un bananier : faut-il le couvrir, le rentrer ou le laisser tel quel ? La réponse dépend d’abord de l’espèce, ensuite de la région et de la température minimale que votre jardin connaît. Voici la méthode à suivre pour traverser le froid sans perdre la plante.
Comment protéger un bananier en hiver ?
Tout commence par une distinction simple. Le Musa basjoo est le bananier rustique : son pied supporte des gelées de -15 °C, parfois davantage s’il est bien paillé. Il se protège sur place, en pleine terre. Les bananiers tropicaux (Cavendish nain, Musa acuminata, Ensete) n’aiment pas le froid et doivent être rentrés dès que les nuits descendent vers 8 à 10 °C.
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Pour un bananier rustique laissé au jardin, la protection se fait en trois gestes (la même logique que pour protéger un olivier du gel). On installe d’abord un épais paillage au pied (30 à 40 cm de feuilles mortes, de paille ou de fougères), qui isole la souche, c’est-à-dire la partie vitale. On protège ensuite le pseudo-tronc, puis on couvre le tout avec un voile d’hivernage.
- Après les premières gelées, coupez les feuilles abîmées au ras du pseudo-tronc.
- Entourez le pseudo-tronc de paille ou de feuilles sèches, en le serrant dans un manchon de grillage pour tenir le bourrage.
- Posez un voile d’hivernage d’au moins 50 g/m² autour de l’ensemble, bien fixé, et fermez le sommet pour éviter que l’eau de pluie ne s’y infiltre.
- Ajoutez le paillage au sol, en couche épaisse, sur toute la surface occupée par les racines.
Évitez le plastique étanche : il retient l’humidité, provoque de la condensation et favorise la pourriture, qui fait souvent plus de dégâts que le froid lui-même.
Quand rentrer ou couvrir le bananier selon les températures
Il faut agir à l’automne, avant la première vraie gelée, pas après. Le feuillage souffre dès -1 ou -2 °C, tandis que la souche tient bien plus longtemps. Surveillez les prévisions à partir d’octobre et gardez voile et paille à portée de main.
| Température minimale | Bananier rustique (basjoo) | Bananier tropical |
|---|---|---|
| Au-dessus de 10 °C | Rien à faire | Laisser dehors, surveiller |
| Entre 5 et 10 °C | Prévoir le paillage | Rentrer le bananier |
| Entre 0 et -5 °C | Paillage et voile sur le pseudo-tronc | Déjà à l’abri (risque de mort dehors) |
| Sous -5 °C | Protection complète, paillage épais, cloche de grillage | Ne doit jamais être dehors |
Couper ou garder les feuilles avant l’hiver ?

Pour un bananier en pleine terre, laissez les feuilles tant qu’il ne gèle pas : elles nourrissent encore la souche. Quand le gel les a brûlées, il est temps de couper. Coupez-les au ras du pseudo-tronc, sans toucher au cœur de la plante.
Deux écoles existent pour le pseudo-tronc. Certains le recoupent à 20 ou 30 cm du sol et le couvrent d’un épais tas de paille. D’autres le conservent sur 1 à 1,5 m, enveloppé dans un manchon, ce qui permet une reprise plus rapide au printemps. En région très froide, la première option est plus prudente : mieux vaut protéger un court tronçon qu’un long pseudo-tronc qui pourrit.
L’erreur classique : le bananier emballé trop tôt
Ne Tuez Plus Jamais une Plante
Couvrir un bananier dès octobre, en pleine douceur, l’étouffe. Sans air, la condensation s’installe et le cœur pourrit. Attendez l’annonce du froid, puis ouvrez le voile par temps doux pour aérer.
Hiverner le bananier à l’intérieur : lumière, température et arrosage
Un bananier en pot se rentre avant les premiers froids, dans une pièce lumineuse, une véranda ou une serre hors gel. La température idéale se situe entre 12 et 18 °C. Plus il fait chaud, plus la plante cherche à pousser, et elle s’étiole faute de lumière suffisante en hiver.
L’arrosage se réduit nettement : un apport léger quand les premiers centimètres de terreau sont secs, jamais de soucoupe pleine. Évitez aussi la proximité d’un radiateur, car l’air sec attire les cochenilles et les araignées rouges. Brumisez de temps en temps les feuilles pour garder un peu d’humidité.
Les feuilles se dessèchent souvent après la rentrée, parce que la plante s’adapte à la baisse de lumière. Ce n’est pas grave : retirez les feuilles abîmées et attendez que de nouvelles apparaissent au printemps. Sortez le pot progressivement, quand les nuits restent au-dessus de 10 °C, en commençant par un endroit abrité.
Mon bananier a gelé : que faire ?
Un bananier dont les feuilles sont noires et molles n’est pas forcément perdu. Le pseudo-tronc et la souche sont plus résistants que le feuillage, surtout si le sol est resté protégé. Les dégâts du gel se jugent au printemps, pas en plein hiver.
Ne coupez pas tout dans la précipitation : les parties gelées font office de protection pour le cœur. Attendez que les risques de gel soient écartés, puis taillez le pseudo-tronc par tranches, jusqu’à retrouver un tissu blanc, ferme et sans odeur. Si la tige est molle et sent mauvais, descendez plus bas, jusqu’à la zone saine.
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Cette fonctionnalité nécessite l'app Plantalya. Scannez n'importe quelle plante instantanément avec votre caméra !
Scanner Votre Plante — App GratuiteUne repousse apparaît souvent entre mai et juin, parfois depuis le pied. Arrosez à ce moment-là, ajoutez un engrais riche en potasse et ne perdez pas patience : un bananier rustique qui a souffert peut mettre plusieurs semaines à redémarrer. Si rien n’est sorti à la fin de l’été, c’est que la souche n’a pas survécu.
Quelques réflexes pour éviter les mauvaises surprises

Plantez le bananier rustique dans un endroit abrité du vent du nord, contre un mur exposé au sud si possible. Un sol qui draine bien limite le risque de pourriture : l’eau stagnante associée au froid fait autant de victimes que le gel seul. Enfin, pour les bananiers en pot trop lourds à déplacer, un voile et un emballage du contenant avec de la laine de verre ou de la paille compensent en partie l’absence de rentrée.
Avec un paillage généreux, un voile bien posé et un peu d’anticipation, un Musa basjoo repart presque toujours au printemps. Pour les autres variétés, la règle tient en un mot : rentrer avant que le thermomètre ne descende sous 8 °C.

Chantal est rédactrice pour Chaque Jour, Jardin. Elle écrit des articles pour le site, avec une exigence simple : des conseils de jardinage justes, compréhensibles et utiles à tous, du grand jardin au rebord de fenêtre.

