Un olivier planté en pleine terre supporte mieux le froid qu’un sujet en pot, mais il n’est pas invincible. Pour le cultiver en contenant, lisez notre guide pour entretenir un olivier en pot. Une nuit à -10 °C après un automne doux, un vent glacial ou un sol détrempé suffisent à brûler son feuillage, voire à geler le bois. La bonne nouvelle, c’est qu’une protection bien pensée, posée au bon moment, sauve la grande majorité des arbres.
Quand et à partir de quelle température protéger un olivier en pleine terre
La rusticité de l’olivier dépend de son âge et de sa variété. Un arbre adulte, bien installé depuis plusieurs années, encaisse des gelées brèves jusqu’à -8 à -10 °C sans dommage majeur. Un jeune sujet, lui, souffre dès -5 °C, car son bois est encore tendre et ses racines peu profondes. Les variétés réputées rustiques, comme la Picholine, le Cailletier ou l’Arbequina, tiennent un peu mieux que les autres, mais aucune n’aime les vagues de froid prolongées.
| Situation | Seuil à surveiller | Protection conseillée |
|---|---|---|
| Olivier de moins de 4 ans | Dès -3 à -5 °C | Paillage épais et voile d’hivernage complet |
| Olivier adulte, variété rustique | Autour de -8 °C | Paillage, voile si le froid dure plusieurs nuits |
| Région à hiver rude, vent froid | Dès -5 °C prévus | Protection complète, y compris pour un arbre adulte |
En pratique, installez la protection avant les premières gelées sérieuses, souvent entre mi-novembre et début décembre selon votre région. Consultez les prévisions à une semaine : dès qu’une nuit annonce -3 à -5 °C, il est temps d’agir. Un arbre protégé trop tard a déjà souffert, alors qu’une protection posée un peu tôt ne lui fait aucun mal.
Protéger le pied et les racines avec un paillage
Le premier réflexe consiste à isoler le sol. Les racines et le collet, cette zone fragile à la jonction entre le tronc et la terre, sont les parties qu’il faut garder en vie à tout prix. Même si les branches gèlent, un olivier dont le pied est intact repart de la souche au printemps.
Étalez un paillage de 10 à 15 cm d’épaisseur sur un cercle d’environ un mètre autour de l’arbre. La paille, les feuilles mortes sèches et les copeaux de bois font très bien l’affaire. Laissez un espace de quelques centimètres autour du tronc, sans quoi l’humidité retenue favorise la pourriture du collet. Pour un jeune arbre, buttez aussi légèrement la base avec de la terre ou du paillis, que vous retirerez en fin d’hiver.
Habiller le tronc et la couronne avec un voile d’hivernage

Quand le thermomètre descend franchement, le paillage ne suffit plus. Le voile d’hivernage, ce tissu non tissé respirant, enveloppe la couronne et laisse passer l’air comme la lumière. Choisissez un grammage de 30 à 50 g/m² : plus il est épais, plus vous gagnez de degrés, mais c’est aussi plus lourd pour les branches.
Voici la marche à suivre pour un habillage réussi :
- Si l’arbre est jeune ou touffu, rassemblez doucement les branches avec un lien souple, sans les casser.
- Enveloppez la couronne avec une double épaisseur de voile, du haut vers le bas.
- Entourez le tronc de toile de jute ou de paille maintenue par un filet, pour limiter les écarts de température.
- Fermez le bas avec une ficelle, en laissant l’air circuler, et lestez le voile contre le vent.
Le voile ne fabrique pas de chaleur, il retient celle qui monte du sol. Si le terrain est nu, l’effet est donc bien moindre : voilà pourquoi il se combine toujours avec le paillage. Pour un arbre planté contre un mur exposé au sud, l’inertie thermique de la façade complète l’effet.
Bâche plastique : pourquoi elle abîme l’arbre
Un plastique étanche emprisonne l’humidité. Au soleil d’hiver, l’air chauffe sous la bâche plastique, puis la température chute brutalement la nuit : cette condensation et ces écarts brûlent le feuillage et favorisent les champignons. Le tissu non tissé, lui, respire.
Ne Tuez Plus Jamais une Plante
Arroser avant les grands froids et éviter taille et engrais tardifs
On l’ignore souvent, mais un sol sec gèle plus profondément et refroidit davantage les racines qu’un sol légèrement humide. Si l’automne a été sec, faites un arrosage copieux quelques jours avant l’arrivée du froid, en milieu de journée, afin que l’eau s’évacue avant la nuit. Ne le faites jamais sur un sol déjà gorgé d’eau : une terre détrempée qui gèle asphyxie les racines et abîme le collet.
La taille et les apports d’engrais suivent la même logique. Tailler à l’automne ouvre des plaies qui gèlent et stimule une repousse tendre, immédiatement grillée au premier froid. Reportez la taille au printemps, une fois le risque de gelée écarté. Côté fertilisation, arrêtez les engrais riches en azote dès la fin de l’été : ils fabriquent des pousses molles, peu résistantes. Un apport de potasse en septembre aide au contraire le bois à s’aoûter.
Erreurs à éviter et sortie de la protection au printemps

Outre la bâche plastique, plusieurs erreurs reviennent souvent : protéger trop tard, une fois l’arbre déjà gelé, laisser l’olivier dans un couloir à vent froid, ou recouvrir le sol de feuilles détrempées qui moisissent contre le tronc. Pensez aussi à secouer la neige lourde accumulée sur le voile, car elle casse les branches et refroidit la structure.
Gardez la protection durant toute la période à risque, puis retirez-la progressivement. Dès que les journées dépassent 8 à 10 °C, aérez le voile en journée et refermez-le le soir si une gelée est encore annoncée. La dépose complète intervient en général entre mi-mars et avril, quand les nuits ne descendent plus sous 0 °C. Retirez ensuite le buttage et éclaircissez le paillage près du collet.
Il est fréquent qu’un olivier perde une partie de ses feuilles après un hiver rude. Ne paniquez pas : ces feuilles qui tombent ne signent pas forcément la mort de l’arbre. Attendez la reprise de végétation, souvent tardive, avant de couper. Grattez légèrement l’écorce d’une branche : si le dessous est vert, le bois est vivant. Taillez alors le bois sec en mai, et le cas échéant coupez au-dessus de la partie qui repart. Un arbre atteint repart parfois de la base et se reforme en deux ou trois saisons, à condition que le pied ait été préservé.
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Chantal est rédactrice pour Chaque Jour, Jardin. Elle écrit des articles pour le site, avec une exigence simple : des conseils de jardinage justes, compréhensibles et utiles à tous, du grand jardin au rebord de fenêtre.

